Un enseignant d’histoire de 21 ans du district de Pakhtachi, dans la province de Samarcande en Ouzbékistan, a été condamné à 12 jours de détention administrative pour un commentaire insultant envers le Prophète Mahomet sur internet, rapporte Gazeta.uz en citant la décision du tribunal.
Selon les éléments de l’affaire, l’accusé a publié, le 30 décembre, un message contenant des propos injurieux à l’encontre du Prophète. L’habitant de la région de Samarcande a laissé ce commentaire sur une chaîne Telegram. Une semaine plus tard, des utilisateurs des réseaux sociaux ont commencé à diffuser une capture d’écran de la publication, exigeant des autorités que son auteur réponde de ses propos.
Les forces de l’ordre ont réagi à ces demandes et ont arrêté l’enseignant. L’enquête a prouvé qu’il avait bien posté le commentaire injurieux, et un procès-verbal a été dressé contre l’enseignant en vertu de l’article 184-3 (« Fabrication, stockage ou diffusion de matériaux incitant à la haine nationale, raciale, ethnique ou religieuse ») du Code administratif de l’Ouzbékistan. Ce délit est passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 100 fois l’unité de calcul de base (plus de 41 millions de soums, soit près de 2900 €) ou d’une détention pouvant aller jusqu’à 15 jours.
Lors du procès, le suspect a reconnu sa culpabilité. Compte tenu de cela, il a été condamné à 12 jours de détention. Le tribunal a également ordonné la destruction du téléphone portable de l’enseignant et a imposé des restrictions à l’utilisation de son compte sur l’application de messagerie Telegram.
En outre, le prévenu a été condamné à verser à l’État 741 600 soums (environ 52 €) pour couvrir ses frais de détention.
En Ouzbékistan, il existe également une responsabilité pénale pour les insultes sur internet, mais, dans la pratique, de telles sanctions ne sont appliquées que si les commentaires désobligeants concernent l’ancien ou l’actuel chef de la république.
Par exemple, en avril 2024, le tribunal municipal de Namangan avait condamné à cinq ans de prison un habitant local, Bakhtiyor Kourbanov, reconnu coupable d’avoir insulté le président via des publications sur les réseaux sociaux. Le condamné n’avait pas apprécié le fait que Chavkat Mirzioïev, en plus d’avoir effectué un pèlerinage à La Mecque, avait assisté au défilé de la Victoire à Moscou le 9 mai. L’utilisateur avait alors qualifié le chef de l’État de « traître ».



