Au Tadjikistan, 405 personnes précédemment condamnées pour avoir « liké » des publications à caractère extrémiste et terroriste sur Internet ont été acquittées de poursuites pénales en 2025. Ce chiffre a été annoncé le procureur général de la république, Khabibullo Vokhizoda, lors d’une conférence de presse le 13 février, rapporte Asia-plus.
« En 2025, les dispositions complémentaires des articles correspondants du Code pénal de la République du Tadjikistan relatifs aux crimes à caractère extrémiste et terroriste ont été appliquées à 405 personnes, qui ont été exemptées de toute responsabilité pénale », a expliqué M. Vokhizoda.
Après la libération des personnes condamnées pour avoir « liké » des publications, le nombre de crimes à caractère extrémiste et terroriste a diminué de 314 cas, soit 23,3 %, par rapport à 2024.
ℹ️ Les poursuites pénales contre les citoyens ayant « liké » des messages jugés indésirables par les autorités tadjikes ont commencé en 2018, après les amendements apportés à l’article 179 (« Appels publics à commettre des crimes de nature terroriste et (ou) justification publique d’activités terroristes ») du Code pénal du pays. En conséquence, les « likes », les partages et les commentaires sous des publications liées à l’extrémisme et au terrorisme ont commencé à être considérés comme des preuves d’implication dans des activités criminelles. Ces actes étaient devenues passibles d’une peine d’emprisonnement de 5 à 15 ans.
Au cours des années qui ont suivi l’adoption de ces modifications, les autorités ont régulièrement fait état d’arrestations et de détentions de citoyens pour des accusations liées à leur activité numérique.
En octobre 2024, le président du Tadjikistan, Emomali Rahmon, a critiqué l’ouverture de poursuites pénales pour des « likes » et des partages et a exigé que cette pratique cesse. En avril 2025, le premier procureur général adjoint, Umed Karimzoda, a déclaré que 1 507 citoyens étaient détenus pour avoir « liké » des vidéos sur Internet ou commenté des publications « contenant du contenu terroriste et extrémiste ».
En mai 2025, M. Rahmon a signé une loi supprimant la responsabilité pénale pour les likes ou autres marques d’approbation sur les réseaux sociaux.



